Le magazine britannique de musique underground « RWD » vient de publier une interview du producteur Will.i.am.
Probablement réalisée au mois de novembre 2006, alors que le groupe Black Eyed Peas était en tournée au Brésil, cette interview nous livre quelques anecdotes sur la rencontre entre Will.i.am et Michael Jackson.
Extraits :
1er contact
Quand il m'a téléphoné je croyais que c'était quelqu'un qui me faisait une blague. Il m'a dit : «Hello, c'est Michael Jackson ». Et moi je pensais « Mais bien sûr, arrête ce jeu ». Puis il m'a dit : « Je voudrais te féliciter pour le succès que tu connais, avec ta musique tu fais quelque chose de puissant pour ce monde, tout en restant fidèle à tes convictions. Cela fait un moment que je suis ton travail...ça te dit si je t'appelle d'ici quelques jours vers 16 heures ? ». A partir de là, il a commencé à m'appeler tous les jours à 16 heures. A l'époque nous étions en pleine tournée de concerts avec les Pussycat Dolls, j'ai donc commencé à composer pour lui dans le bus.
Travailler avec le King of Pop
Je me suis posé la question « Quel son est-ce que j'aimerais pour Michael Jackson aujourd'hui ? » , et « qu'est-ce que j'aimerais faire pour lui ? ». Quand je me suis finalement assis à ses côtés, j'étais nerveux. Je ne pouvais pas avoir la même approche que lorsque je suis en studio avec Nas ou Justin [Timberlake]. Toute ma vie j'ai idolâtré Michael. Je me devais d'être honnête avec lui. Je lui ai dit que j'avais du mal et il m'a demandé pourquoi. Je lui ai dit que je n'avais pas grandi en écoutant la musique de Justin et que c'était donc facile de travailler avec lui. Nous sommes semblables, et quand vous êtes en studio avec quelqu'un qui est votre égal, vous le comprenez.[...] J'ai dû penser différemment avec Michael.
Ce qu'il pense de Michael Jackson
Sur un plan personnel, j'ai trouvé ça cool. Pendant toute la première journée, je n'ai cessé de lui poser des questions comme « qu'est-ce que tu as ressenti la 1ere fois que tu as fait le moonwalk ? » , et cela s'est transformé en interview étrange. Il est avec James Brown à l'origine de tout ce qui se fait aujourd'hui dans la musique.[...]
Le nouvel album
Nous avons parlé de ce que nous voulons réaliser. La question est : comment peut –on se mesurer à l'album « Thriller » ? Je lui ai dit « Michael, quand tu te lèves le matin, comment fais-tu pour t'évaluer toi –même ? Je sais comment on peut s'évaluer par rapport à ce qui se fait mais quand, comme toi, on influence ce qui se fait dans tous les domaines, des fan-clubs, aux partenariats, en passant par les vidéo-clips... ? ». Et lui, il me répondait quelque chose du style : « Que Dieu te bénisse ! » , mais j'insistais « non, Michael je ne suis pas en train de te complimenter. J'ai besoin de savoir car lorsque l'on va en studio, la musique que l'on fait dépend directement de ça ».
Nous avons parlé de cela et nous avons aussi commencé à parler de ce qui se fait aujourd'hui : les sonneries de téléphone portable, l'ordinateur, iTunes, YouTube, MySpace,...[...] Aujourd'hui, les gens utilisent tout cela mais les usages que l'on peut en faire n'ont pas été définis . Il faut réfléchir à la manière dont ces supports peuvent profiter à la musique.
Il y a de nombreuses bonnes chansons qui sortent chaque semaine , et leur durée de vie est d'environ une semaine. C'est quasiment sûr, vous n'allez pas réécouter une chanson sortie il y a 8 semaines. Par contre, les gens continuent d'écouter des chansons comme « Beat it » et « Billie Jean ».